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Océanne, une vague de vie
CE MATIN-LÀ…
Il était une « foi ». Celle de son coeur. Elle est de retour au pays. Le pays de son coeur. Revenir. Elle revient de loin. Rouvrir les volets de sa maison. Retrouver la mer ou plus exactement « son » océan…
Elle est là, debout, face à la mer. C’est important d’être là. Il y a tant de personnes qui sont là, absentes !
Les vagues incessantes au bruit magique, au rythme du coeur, poursuivent leur musique sans la troubler un seul instant. Elle les connaît bien ces vagues-là. Vagues du temps. Elle reste là, les yeux dans le coeur du hasard du temps, de l’instant présent.
Droite. De debout, elle « tombe » à genoux avec la légèreté de l’oiseau se posant sur une fleur. Elle est épuisée. Mais elle est là. Encore là.
Elle porte depuis son arrivée, hier soir, une longue robe de velours rouge carmin. Une très belle robe de style médiéval qu’un ami de Montréal lui avait offert pour un Noël. C’est dans cette robe qu’elle a décidé que son corps reposera, lors du grand voyage dans le grand bleu d’en haut. Pour l’instant elle est là, présente, face au grand bleu d’en bas. Miroir du haut.
Son dos, légèrement courbé, d’à genoux, elle glisse assise. Ses très longs cheveux clairs et ondulés, aux couleurs des mille ocres automnales, attachés par quelques épingles à chignon, dans le mouvement de l’assise, se défont et vont caresser son dos nu pour se poser avec la même sensualité qu’elle génère sur la robe semblable à une robe de princesse.
Poussée par une intense fatigue, elle s’allonge sur le sable. Ses grands yeux bleus s’enfoncent imperceptiblement dans le ciel. Un éclat de sourire parcourt ses lèvres. Elle est bien. Très bien. Elle vient d’avoir cent huit ans.
Les yeux fixes comme fondus dans cet immense ciel bleu clair, elle se raconte aux invisibles de l’instant...
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