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La Petite Terre
Thomas s’était laissé envoûter par la phrase magique. En moins d’une semaine, il avait signé le contrat. Ce qu’il ne savait pas encore, c’est que venait de débuter, pour lui, une incroyable aventure.
Il arriva enfin et reconnut son territoire à la façon qu’avait le sol d’épouser ses pas. Une sorte d’intimité s’installait entre eux, subtilement d’abord, puis de façon marquée par la suite. L’impression montait le long de ses jambes, telle une colonie de fourmis. Elles envahissaient bientôt tout son corps et se logeaient fatalement sous son chapeau de feutre mou. C’est à ce moment qu’il savait être arrivé chez lui.
Cet engourdissement l’avait surpris la première fois. Maintenant, c’était devenu un état d’être familier, qu’il recherchait même. Cet état lui procurait une sensation de bien-être incomparable. Sa vision devenait télescopique ; ses oreilles s’ouvraient comme des coquillages ; ses narines et ses poumons s’élargissaient ; sa peau ressentait les moindres coups de vent ; la plus petite goutte de pluie le faisait frémir jusqu’aux os. Il se fondait dans ses sensations et oubliait jusqu’à son nom...
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