|
De rivages en rivages
Dans les fonds, le clair de lune ne va pas ; une petite particule ici où bien là accroche cependant un ou deux rayons perdus. Parmi cette vie cachée aux regards des peuples terrestres, tout un monde en alerte se tient. Un mouvement sera ressenti de très loin par une mystérieuse forme de vie ; ailleurs, le moindre reflet de lumière sera capté et amplifié telle une vision en plein jour.
Une lueur apparaît ainsi à une autre forme de vie et lui devient de plus en plus perceptible. Un flocon de neige tombe silencieusement vers le bas. Dans cette obscurité, un tel flocon ne peut prétendre être accompagné, car tout est nuit pour lui. Il doit aller seul sur son chemin avec la confiance comme précieuse alliée.
Le flocon devient un flambeau pour la forme de vie aux aguets ; un flambeau descendu dans la féerie de son univers. Le flambeau poursuit sa descente là où toutes les formes de vie ont abandonné la vision. Plus aucune
lumière ne peut pénétrer.
Des murmures s’élèvent autour de la Mouette et se transforment en un énorme brouhaha. Tous les règnes l’appellent à renoncer. Mais déjà l’oiseau a perdu conscience et s’enfonce encore davantage. Quelque part dans les plus basses profondeurs, une lamentation emplit l’espace. La Baleine vit à nouveau la perte de son enfant ; la haine lui est incompréhensible et c’est le coup que les hommes lui ont indirectement porté qui accroît sa souffrance ; elle accepte même la mort de son baleineau, car elle ne connaît que la vie ; et toute cette connaissance, elle la découvre et la voit se déployer magistralement lors de ses rêves profonds.
|
|