|
Les Rendez-vous du Hasard
- Mais c’est Thomas O’Brien !
- Tu l’as reconnu toi aussi Paul, reprend Élisabeth qui regarde son mari en cherchant une confirmation.
- Je crois bien que c’était lui. Il a semblé ralentir quand il nous a vus, puis il a accéléré aussitôt, ajoute Paul.
- C’est bien ce que j’ai cru, mais j’ai le sentiment qu’il a fait semblant de ne pas nous voir. Je suis certaine qu’il nous a reconnus, mais qu’il ne voulait pas le montrer. Pourquoi ? Nos relations semblaient cordiales. Tu ne trouves pas cela curieux ? Il semble se diriger vers la route 127 et c’est à peu près à la même heure, hier soir, qu’il s’est rendu chez mademoiselle Holly. S’y rend-il tous les soirs ?
- J’ai cru comprendre que c’était lui qui ravitaillait Holly. C’est peut-être plus facile pour lui à cette heure, commente Paul.
- Tu as probablement raison, mais je persiste à croire qu’il y a quelque chose de louche dans son attitude, continue Élisabeth.
Appuyant alors la tête contre le dossier du siège, elle ferme les yeux et se tait, dans un état méditatif. Paul regarde sa femme et reconnaît l’Élisabeth qui cherche en elle réponse à ses interrogations. Il lui caresse la main et, en badinant, lui dit :
- Ma petite chérie vient encore de se changer en Sherlock Holmes ? C’est plus fort que toi ! Rien ne peut être simplement un hasard pour toi, n’est ce pas ? Oui, oui, je sais, tu vas me répondre : « Il n’y a pas de hasard mon chéri, il n’y a que des rendez-vous dans la vie ».
Elle entrouvre les yeux, le regarde et lui répond en souriant :
- C’est cela, tu as tout compris, si seulement tu y croyais…
Puis elle se cale dans son siège et continue sa rêverie.
- Nous arrivons ! dit Paul.
- Déjà ? reprend Élisabeth. Dommage, je commençais juste à entrer en moi-même…
|
|