Les Anges outragés 
 
Auteure : Geneviève Bonanni 
Depuis la création des êtres humains, l’amour physique a toujours suivi les chemins tortueux du désir pervers de bien des hommes, sur l’ensemble du globe. Il appartient à plusieurs siècles de mutisme total, qui va de l’inceste, aux droits de cuissage, et aux viols d’hier et d’aujourd’hui. De tous les siècles parcourus, jusqu’à maintenant, les sexes féminin et masculin  resteront une convoitise. Les tabous, abolis avec la liberté de vie des femmes et des hommes, vont permettrent l’éclosion d’un temps où ceux-ci pourront peut-être enfin s’exprimer. 
Cet état de chose révèle une nouveauté, celle de rompre, enfin l’immense difficulté de ces êtres violés... la peur, la souffrance, la souillure, la honte, la crainte de représailles, empêchant encore au déclin de ce vingtième siècle, de rompre des silences, pour ces victimes d’outrages infâmes. L’ignorance d’être crédible dans leur vérité, par tous, est une dure barrière à franchir. Cela demande un courage que tous ne possèdent pas.  
Nous allons suivre dans ce livre, la réalité des craintes, des peurs, du mutisme traumatisant de notre jeune héroïne, suivie de sa détermination, allant à la vocation du soutien en raison de ses souvenirs plein de souffrances, que seul son dévouement pour autrui aidera à panser ses propres plaies. 
L’OUBLI IMPOSSIBLE... MAIS LE OUI A LA VIE. 
 
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ISBN : 1-894909-60-7 
246 pages - 656k 
Prix : 16.00 CAN $
 
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Extrait 
 
- Je me mêle de quoi. Je ne veux pas t’entendre. Il me semble l’avoir déjà dit, confirmait l’homme. 
 
     Plus personne ne prononce une parole dans la carriole abritée par son toit de cuir. C’était celle du père de la gamine. Pour faire taire ses peurs, Roselyne essaie de se rappeler les longues promenades qu’elle a eu l’occasion de faire, seule avec son père. Elle était alors si heureuse. Au fond d’elle-même une panique folle habite la fillette. Elle sent le contact de l’homme qu’elle déteste le plus au monde. 
     Il transpirait. L’odeur soulevait le coeur de l’enfant. Elle était incommodée au point de vomir. Sentir la chaleur moite de Thomas sur sa hanche, communiquait un sentiment de révolte chez la petite fille. Elle avait une envie folle de hurler. À quoi bon, seuls les arbres qui longeaient le chemin de campagne entendraient, sans pouvoir la défendre. Elle pensait que si sa mère ne l’emprisonnait pas de l’autre côté, elle pourrait sauter, malgré la vitesse à laquelle le poulain était contraint de courir sous les coups de fouets répétés de la brute. 
     Elle ne voulait pas aller chez la mère de Thomas, elle ne l’aimait pas. Comme un chien recule devant les personnes qui n’aiment pas les bêtes, Roselyne sentait èa l’intérieur d’elle que cette femme sale, ne pouvait être que méchante, dure, voire violente. De plus, son fils lui ressemblait tellement. Ils buvaient beaucoup trop tous les deux. Le visage de la vieille femme portait les marques de l’alcool, ce qui lui laissaient des rides affreuses, sans bonté. 
     Rosy repensait à tante Agnès, à oncle Marc, à Hubert, qu’allaient-ils faire ? Son absence de l’ouvroir allait les inquiéter fortement. Si la mère Supérieure avait été là, présente, cela ne serait pas arrivé. Le désespoir revenait en force dans le coeur de l’enfant qui maintenant en voulait à sa mère. Rosy savait Thomas capable de toutes les ignominies. 
     Des larmes rebelles coulaient sur le visage de sa fille... à la vue de celles-ci, Magali sort un mouchoir de sa poche et essuie affectueusement le visage bouffi de Rosy. L’enfant prend le mouchoir et se rebiffe contre le geste de sa mère... Celle-ci comprend... mais ne peut s’expliquer. Elle passe son bras autour des épaules de sa fille pour la serrer contre elle, même si cela ne parvient pas à rassurer Rosy. Elle regarde sa mère, mais elle a juré sur la tombe de son père de ne jamais rien lui dire. Il lui faut se taire. Roselyne sait que Thomas l’emporte loin de tous ceux qui l’aiment, qui la comprennent et l’ont si bien accueillie. Son cousin Hubert, son ami, quand le reverrait-elle ? Elle ne peut même pas lui faire un mot pour lui faire savoir, mais il saura quand même, l’oncle Marc fera le nécessaire, elle a confiance en son oncle. Elle ne peut oublier Hubert, lui non plus, elle le sait et lui aussi...