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Le Jardin du Samouraï
- Akahito, ton père ne pourra t’emmener avec lui ce matin.
- Mais, Maman, il avait promis.
- Ton père est un homme de parole et il la respectera, mais quelquefois certaines choses doivent être faites et la parole attendra. Va voir dans la salle d’armes et tu sauras.
Akahito ne savait que penser, c’était la première fois qu’il voyait sa mère pleurer et elle lui disait que son père voulait le voir à la salle d’armes. Pourtant il n’avait rien fait de mal, Hisanobu avait l’habitude de lui faire la morale devant la lame de son ancêtre. Le petit se rendit donc nerveusement vers la pièce que sa mère lui avait indiquée. Il entra la tête basse, mais il ne vit pas son père. Akahito scruta la pièce éclairée par les doux rayons du soleil. Après un bref coup d’oeil, il s’aperçut que l’armure de samouraï et l’épée de son grand-père n’étaient plus là. Il vit cependant une lettre cachetée sur la table basse à droite du présentoir à sabre. Il s’approcha et la prit d’une main tremblotante; son nom était calligraphié sur l’enveloppe.
Il l’ouvrit sans hâte et sortit du cachet une lettre. Il y reconnut l’écriture de son père.
« Le jardin était calme et silencieux, tout était paisible, serein. Le cerisier veillait en maître sur ce morceau de paradis. Chargé de ses fruits, il dégageait une odeur riche et délicate. Un homme méditait sous les grappes de cerises dorées. Son esprit était clair et limpide comme l’eau du ruisseau qui coule calmement au milieu du jardin. Soudain, un chant mélodieux perça le silence du matin. C’était le rossignol...
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