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Cadeaux
De ton bouquet, seules les éclatantes marguerites blanches maintiennent ton message vivant. Présentes. Belles comme le jour. Simple comme leur nom de famille. Jaillissantes de leur petit vase bleu, elles racontent ton absence. Il devient le parfum du souvenir de toi. Elles sont toutes volubiles. Elles ennoblissent ton être pour une véritable poésie. Soudainement elles se taisent. Toutes dans le même instant. La plus petite d’entre-elles s’ouvre aux délices de la chaleur du poème entendu : le lyrisme de ton corps, l’éloquence de ta présence. Bien que naissante de cet instant, elle balbutie ses premiers sons en créant une aubade. Elle me conte ton cœur. Le cœur d’un petit rayon de soleil. Le cœur d’un petit bonheur. Les autres, restées silencieuses, se joignent à elle. L’aubade se transforme en une sérénade des plus mélodieuses. Elles sont belles, simples et précieuses dans leur petit vase bleu. Posées sur la petite table bleue. Présentées devant le feu de la cheminée où s’empressent les flammes, couleur d’un rayon de soleil couchant, de danser avec la fine légèreté et transparence des ailes d’un ange.
Elles sont simples, grandes et bavardes dans leur silence.
Elles ne se fanent pas.
J’écoute ton absence. Je l’entends. Je profite d’elle pour parfaire mon corps en lui offrant bain de parfums et crèmes de velours. Pour des caresses d’amour et de tendresse. Réservées pour toi, par mon cœur.
Déjà cent vingt heures de silence.
Même les marguerites s’inquiètent…
Déjà s’en vint léger pincement au cœur.
La naissante vient d’avoir cinq jours !
Déjà sans toi, Hélas !
La plus grande crie : « Grâce !
Appelle ! Viens ! Parle !
Mais fait quelque chose ! »
Bientôt cent quarante-quatre heures de silence.
La petite grandit sans toi.
Mon cœur se meurt, mon corps se fane.
Les marguerites pleurent leurs pétales.
Bientôt nu et asséché sera leur cœur !
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